
La France doit accélérer sa transition vers l’électricité pour réduire sa dépendance aux énergies fossiles, souligne le gestionnaire du réseau à haute tension RTE dans un rapport, mardi 9 décembre. Le gardien de l’équilibre électrique réaffirme « la pertinence d’une électrification rapide du pays pour réduire ses dépendances aux fossiles importés, améliorer sa balance commerciale et permettre sa décarbonation rapide », selon son bilan prévisionnel 2025 actualisé.
La stratégie de décarbonation de la France vise à réduire la part des hydrocarbures (gaz, pétrole, fioul…) dans la consommation d’énergie, de 60% aujourd’hui à 30-35% d’ici 2035. L’objectif est de les remplacer par de l’électricité dans les transports, l’industrie ou encore pour les bâtiments.
Le pays accuse toutefois un « retard » dans la dynamique d’électrification, alors qu’il « dispose de l’avantage quasi unique en Europe d’une production d’électricité particulièrement abondante et déjà décarbonée à 95% », grâce aux renouvelables et surtout au nucléaire. En conséquence, le gestionnaire RTE ajuste à la baisse les besoins d’électricité de la France d’ici 2035 « d’environ 35 TWh », par rapport à sa précédente analyse en 2023.
Une trajectoire de décarbonation « lente »
La France tend à s’inscrire actuellement dans une trajectoire de décarbonation « lente », dans laquelle elle n’atteint pas ses objectifs climatiques et voit la part de l’industrie manufacturière dans son PIB baisser. Dans un second scénario présenté par RTE, celui d’une décarbonation « rapide », la France se voit atteindre ses objectifs climatiques et de redressement économique et industriel.
Tous deux sont en retrait par rapport à 2023, avec respectivement une consommation électrique révisée à 505 ou 580 TWh en 2035. La situation actuelle, de décarbonation « lente », se traduit par un épisode de surcapacités électriques jusqu’en 2027-2028.
Ce rapport « confirme la nécessité d’accélérer sur l’électrification des usages pour atteindre nos objectifs : transition écologique, des logements plus résilients, décarbonation de l’industrie et réindustrialisation, indépendance énergétique », a commenté Bercy.